Déclaration de la Présidente von der Leyen lors de la conférence de presse conjointe avec le Président Michel à l'issue du Sommet EU-Chine

Déclaration de la Présidente a l'issue du Sommet EU-Chine

Le sommet d'aujourd'hui marque déjà ma deuxième visite en Chine cette année. Cela témoigne certainement de l'importance que revêtent les relations entre l'Union européenne et la Chine. Nous entretenons une relation complexe avec la Chine, qui mérite que nous ayons des discussions franches et ouvertes afin d'approfondir notre compréhension mutuelle, et c'est ce que nous avons eu aujourd'hui. Ce sommet était assurément un «sommet des choix». Il a été l'occasion d'expliquer clairement nos préoccupations et nos attentes aux dirigeants chinois et, bien sûr, de chercher également à accomplir des progrès dans des domaines clés de nos relations bilatérales.

Permettez-moi de commencer par le commerce et les investissements dans l'économie. Ceux-ci sont particulièrement nécessaires lorsqu'il s'agit de rééquilibrer nos relations commerciales. Le président Xi a exposé son point de vue sur la situation économique actuelle de la Chine. Nous échangeons quotidiennement pour 2,3 milliards d'euros de marchandises. Cela montre l'importance de nos relations commerciales avec la Chine. Mais nous avons expliqué les raisons pour lesquelles nous constatons un sérieux déséquilibre de nos échanges commerciaux. Notre déficit commercial a atteint près de 400 milliards d'euros. Il y a 20 ans, ce montant était dix fois plus faible (40 milliards d'euros).

Cela illustre donc la trajectoire et l'augmentation énorme du déficit commercial. Si l'on jette un coup d'œil sur les deux dernières années, le déficit commercial a doublé. C'est un sujet de grande préoccupation pour de nombreux Européens. De tels déséquilibres sont tout simplement insoutenables. Les causes profondes sont bien connues et nous les avons débattues. Il s'agit, par exemple, du manque d'accès des entreprises européennes au marché chinois, du traitement préférentiel accordé aux entreprises nationales chinoises, ou encore de la surcapacité qui caractérise la production chinoise. Cette surcapacité se répercute ensuite sur les marchés mondiaux. Et nous constatons à cet égard que différentes régions ferment déjà leurs marchés aux produits chinois. À l'évidence, cette situation détourne encore plus la surcapacité vers l'Europe. Sur le plan politique, les dirigeants européens ne pourront pas tolérer que notre base industrielle soit compromise par une concurrence déloyale. Nous aimons la concurrence. Elle nous permet de nous améliorer; elle fait baisser les prix; c'est une bonne chose pour les consommateurs.

Mais la concurrence doit être équitable. Nous insistons sur une concurrence loyale au sein du marché unique. Dès lors, nous insistons aussi sur une concurrence loyale de la part des entreprises qui accèdent à notre marché unique. Et je suis heureuse que nous ayons convenu avec le président Xi que le commerce entre l'Union européenne et la Chine devait être équilibré.

Bien entendu, nous avons également débattu de la stratégie visant la réduction des risques plutôt que le découplage. La Chine suit, d'ailleurs, une approche similaire adoptée de longue date. Elle l'a appelée «autosuffisance» et l'a partiellement incluse dans l'approche à circulation duale. Je veux être très claire ici aussi: l'Europe ne veut pas de découplage avec la Chine. Nous avons connu un découplage de l'Europe avec la Russie, justifié par de bonnes raisons. Nous ne voulons pas de découplage avec la Chine. Ce que nous voulons, c'est réduire les risques. La réduction des risques consiste à gérer les risques que nous voyons, à lutter contre les dépendances excessives grâce à la diversification de nos chaînes d'approvisionnement — à renforcer notre chaîne d'approvisionnement et disposer ainsi d'une chaîne d'approvisionnement plus solide grâce à plusieurs fournisseurs — et donc à accroître notre résilience. Et cet objectif ne concerne pas exclusivement la Chine. Il s'agit de tirer les leçons de la pandémie mondiale de COVID-19 et du chantage énergétique de la Russie.

À cette époque, nous avons pu mesurer — d'abord pendant la pandémie, mais aussi lorsque la Russie a lancé sa guerre — l'ampleur des dégâts lorsque le fournisseur unique ne livre plus. Compte tenu de la multiplication des frictions géopolitiques, il est important pour nous de renforcer et de diversifier nos chaînes d'approvisionnement.

Nous avons également abordé la question du numérique en général, et plus particulièrement de l'intelligence artificielle. Nous voyons là de grandes opportunités, mais nous sommes aussi bien sûr conscients des grands risques liés à l'IA.

Le défi consiste à la fois à assurer la sécurité d'une part et à ouvrir la porte à l'innovation d'autre part. Les forces du marché à elles seules n'y parviendront pas. Les garde-fous volontaires sont certainement bons pour avancer rapidement mais, au final, nous avons besoin de règles contraignantes. La Chine a lancé son initiative mondiale pour la gouvernance de l'IA. L'Union européenne est sur le point de finaliser sa première loi sur l'IA visant à garantir que l'intelligence artificielle respecte nos droits fondamentaux et nos valeurs.

Ainsi, même si nous avons des modèles de gouvernance différents, nous avons convenu que nous devrions chercher à coopérer sur l'intelligence artificielle au niveau mondial. Nous avons également discuté des flux transfrontières de données industrielles. Cette question a également été abordée dans le cadre du dialogue de haut niveau que nous avons repris depuis ma dernière visite.

Comme vous le savez, les entreprises de l'UE expriment depuis longtemps des inquiétudes quant aux règles de la Chine dans ce domaine et leur manque de clarté. Je me félicite donc, maintenant, de voir la Chine disposée à mettre en place un mécanisme pour clarifier ces règles. Ce sera une grande amélioration pour les entreprises européennes. Après les paroles, il importe désormais de voir des progrès s'accomplir sur ce dossier.

Nous avons également abordé le grand sujet du changement climatique et de la coopération dans la lutte contre le changement climatique. Comme vous le savez, la COP28 est en cours. Et je pense que la Chine enverrait également un message fort si elle rejoignait l'engagement mondial en faveur des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique. Comme vous le savez, nous avons proposé de tripler les énergies renouvelables mondiales d'ici à 2030 et de doubler l'efficacité énergétique également à l'horizon 2030.

J'encourage donc la Chine à se rallier à notre ambition. Cet engagement est un grand succès car, dès la première semaine de la COP28, 125 pays ont adhéré à l'engagement mondial en faveur des énergies renouvelables. La Chine est remarquable dans le déploiement des énergies renouvelables. Elle est probablement la région où la plupart des énergies renouvelables sont mises en ligne actuellement. C'est un grand succès. Mais d'autre part, et nous en avons discuté ouvertement et en toute franchise, l'accroissement du déploiement des centrales à charbon en Chine nous inquiète beaucoup. Nous savons que l'une des questions les plus ardues de la lutte contre le changement climatique à laquelle nous nous heurtons actuellement est l'élimination progressive des combustibles fossiles. Elle fait, en ce moment, l'objet de discussions à la COP28 à Dubaï. Et bien entendu, nous voulons que la Chine prenne une position très forte sur l'abandon progressif, et sans relâche, des combustibles fossiles d'ici le milieu du siècle.

Enfin, nous avons également abordé la grande question des marchés du carbone. En effet, l'Union européenne et la Chine ont ensemble le plus grand système d'échange de quotas d'émission au monde. Nous entretenons une coopération de longue date dans ce domaine. L'Union européenne avait déjà commencé en 2005 à mettre en place un système d'échange de quotas d'émission.

Aujourd'hui, nous nous dirigeons vers une couverture de 75 % de nos émissions par un prix du carbone. Et depuis quelques années, la Chine nous a rejoints. Nous travaillons en étroite collaboration, tout en échangeant également des conseils sur les erreurs à éviter et les mesures positives à prendre.

Par conséquent, je suis très heureuse que nous renouvelions notre protocole d'accord sur la coopération dans le cadre du système d'échange de quotas d'émission. Celui-ci est axé sur le marché; il est bien testé; il a prouvé son rapport coût-efficacité; et il crée des revenus qui peuvent être réinvestis dans l'innovation et dans les pays en développement. Donc, dans l'ensemble, le changement climatique est un domaine dans lequel la Chine et l'Union européenne coopèrent de manière très constructive.

Permettez-moi d'en venir à l'Ukraine. La guerre d'agression de la Russie est une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations Unies. Elle représente une menace sérieuse pour la sécurité européenne. C'est pourquoi nous avons rappelé la nécessité pour la Chine d'user de toute son influence sur la Russie pour mettre fin à cette guerre d'agression et s'engager dans la formule de paix ukrainienne. Nous avons également réitéré notre volonté de nous abstenir de fournir du matériel létal à la Russie et d'empêcher toute tentative de la part de la Russie de saper l'impact des sanctions.

Enfin, nous avons fait part à la Chine de nos préoccupations concernant les tensions dans la région, en particulier dans le détroit de Taïwan. L'instabilité accrue dans les mers de Chine orientale et méridionale menace la prospérité mondiale et la sécurité régionale. Nous sommes fermement opposés à toute modification unilatérale du statu quo entre la Chine et Taïwan, en particulier par le recours à la force. Nous reconnaissons la «politique d'une seule Chine». La sécurité régionale sera également renforcée si les différends en mer de Chine méridionale sont réglés par le dialogue et conformément au droit international.

Nous dirons, pour conclure, que de nombreux choix sont possibles. Aujourd'hui, nous avons mené une discussion franche et ouverte. Et nous nous sommes entendus pour poursuivre les progrès dans le cadre des dialogues de haut niveau.

Media

EU-China Summit in Beijing

2023-12-07
$[$video#https://eucom-archive.freecaster.com/european-commission/9acaa680-f5d1-474b-a349-0cf12d0a7d77/dGHzqn86Wm7K5UE11LWuWiLT_1080p.mp4?latest=0008185686]


Zařazenočt 07.12.2023 17:12:00
ZdrojEvropská komise fr
Originálec.europa.eu/commission/presscorner/api/documents?reference=STATEMENT/23/6409&language=fr
langfr
guid/STATEMENT/23/6409/

Související témata


Zobrazit sloupec 

Kalkulačka - Výpočet

Výpočet čisté mzdy

Důchodová kalkulačka

Přídavky na dítě

Příspěvek na bydlení

Rodičovský příspěvek

Životní minimum

Hypoteční kalkulačka

Povinné ručení

Banky a Bankomaty

Úrokové sazby, Hypotéky

Směnárny - Euro, Dolar

Práce - Volná místa

Úřad práce, Mzda, Platy

Dávky a příspěvky

Nemocenská, Porodné

Podpora v nezaměstnanosti

Důchody

Investice

Burza - ČEZ

Dluhopisy, Podílové fondy

Ekonomika - HDP, Mzdy

Kryptoměny - Bitcoin, Ethereum

Drahé kovy

Zlato, Investiční zlato, Stříbro

Ropa - PHM, Benzín, Nafta, Nafta v Evropě

Podnikání

Města a obce, PSČ

Katastr nemovitostí

Katastrální úřady

Ochranné známky

Občanský zákoník

Zákoník práce

Stavební zákon

Daně, formuláře

Další odkazy

Auto - Cena, Spolehlivost

Registr vozidel - Technický průkaz, eTechničák

Finanční katalog

Volby, Mapa webu

English version

Czech currency

Prague stock exchange


Ochrana dat, Cookies

Vyloučení odpovědnosti

Copyright © 2000 - 2026

Kurzy.cz, spol. s r.o., AliaWeb, spol. s r.o.