Discours par la Commissaire Hadja Lahbib a la Fédération des Entreprises de Belgique
Het is een plezier bij u te zijn vanavond, zelfs al is het virtueel. Het spijt mij dat ik fysiek niet aanwezig kan zijn.
Ik was op dringende humanitaire missie in de DRC, in het epicentrum van de Ebola epidemie.
Ce virus pourrait avoir des conséquences dramatiques si nous n'avons pas de réponse coordonnée, impliquant tous les acteurs au niveau international.
Nos économies n'ont pas besoin d'une nouvelle pandémie ! C'est un des scénarios les plus redouté par nos citoyens. Mais cela ne veut pas dire pour autant que c'est le plus probable des scénarios de crise.
Non, il faut s'attendre à tout et surtout à l'inattendu, à l'improbable.
Qui aurait pu imaginer ce qu'il s'est passé le 28 avril 2025 en Espagne et au Portugal ? À 12h33 précises, ces deux pays ont basculé dans le vide, en quelques secondes. Tout s'est arrêté.
Les usines Seat et Ford paralysées. Les chaînes de production, figées. Les avions cloués au sol. Les paiements en ligne hors service. Impossible de lire une carte bancaire ou de retirer de l'argent aux distributeurs.
Les bureaux privés de connections internet. Les ordinateurs réduits à des écrans noirs. Les employés renvoyés chez eux, mais plus de transports en commun, plus aucun train ou tramways ne circule et les embouteillages se multiplient : les feux de signalisations ne fonctionnent plus, pas plus que les communications téléphoniques.
60 millions de personnes. Privées d'électricité. En plein milieu d'une journée de travail ordinaire.
L'économie espagnole a calculé le coût : 1,6 milliard d'euros de PIB envolés en une journée pour une panne d'électricité.
Maintenant, imaginez que ce ne soit pas dix heures. Imaginez dix jours. Pas une panne technique, mais une cyberattaque coordonnée.
Alors question : votre entreprise est-elle prête à affronter cette panne ? Combien de temps pourrait-elle tenir ? 72 heures ? 24 heures ? Une heure seulement ?
Je sais qu'à travers votre initiative BE PREPARED, vous avez le courage de poser cette question au secteur privé belge. Ce soir, je suis là pour vous dire : continuez et allons plus loin ensemble.
Cela fait exactement un an et demi que j'ai pris mes fonctions de commissaire européen à l'état de préparation et à la gestion de crise. J'ai parcouru les pays européens et extra-européens pour rassembler les meilleures initiatives, les pratiques les plus avancées et tirer vers le haut, vers une meilleure anticipation des risques, l'ensemble des États membres.
Je n'oublierai jamais le Centre de Résilience de la Confédération des Industries finlandaises à Helsinki. Là-bas, le savoir-faire finlandais, abris, drones, systèmes d'énergie autonomes, est transformés en opportunité sur les marchés.
La préparation n'est pas considérée comme un coût en Finlande. C'est un avantage compétitif qu'elle exporte.
En Suède, une structure publique-privée rassemble des centaines d'entreprises nationales qui sont parties prenantes de la stratégie de résilience du pays et tiennent informé le gouvernement de l'état de leurs chaines d'approvisionnement autant que de leurs réserves.
L'objectif est simple : avoir une visibilité et ajuster leurs stocks avant qu'une crise ou un évènement disruptif survienne.
Pour ces pays nordiques, la menace est tangible depuis et la préparation fait partie de leur ADN. Pourtant, nous sommes aujourd'hui tous concernés , du nord au sud et de l'Est à l'Ouest.
De dreigingen die op ons afkomen zijn sneller en complexer dan ooit tevoren. Ze houden geen rekening met grenzen. Ze zorgen voor een waterval aan problemen in meerdere sectoren tegelijk.
De oorlogen in Oekraïne en het Midden-Oosten hebben een directe invloed op de markten: energieprijzen, toeleveringsketens, voedselzekerheid en desinformatie.
Klimaatverandering verandert de aard van natuurrampen en hun economische gevolgen.
Cette année, les incendies ont frappé la Belgique et d'autres pays européens dès la fin du mois d'avril.
Des drones ont perturbé le trafic aérien. Et la désinformation est devenue une arme qui peut paralyser la confiance du consommateur en quelques heures.
Notre réponse ne peut donc pas être fragmentée. Elle doit être systémique et anticiper. Une entreprise qui anticipe les crises, protège et diversifie ses chaînes d'approvisionnement, maintient son activité, et rassure clients et investisseurs.
Pourtant, votre enquête le confirme : moins de quatre entreprises belges sur dix disposent d'un processus avancé de gestion des risques. Question : peut-on encore se permettre pareille exposition de nos entreprises ?
Nous devons voir les crises venir avant qu'elles ne nous frappent.
Precies daarom hebben we een jaar geleden de « Union Preparedness Strategy » aangenomen met dertig zeer concrete acties. Ik zal er niet in detail op ingaan, maar hier zijn 3,4 belangrijke punten:
Premièrement, pour la première fois dans l'histoire de l'Union européenne, nous allons établir une évaluation complète et partagée de l'ensemble des risques auxquels nous faisons face. Climatiques, technologiques, géopolitiques, sociétaux.
Non pas une mosaïque de 27 analyses nationales qui ne se parlent pas, mais une image européenne commune. Parce qu'une menace qui frappe la Pologne touche aussi vos chaînes d'approvisionnement ici, en Belgique.
Deuxièmement, nous avons lancé une Stratégie de Stockage européenne, la première du genre. Elle couvre l'ensemble du cycle, de l'anticipation au déploiement des stocks, pour garantir que nous avons ce qu'il faut quand il le faut, partout en Europe.
Troisièmement, d'ici la fin de l'année, nous adopterons des Exigences Minimales de Préparation.
Nous voulons compléter le cadre qui existe déjà, comme les Directives CER et NIS2[1] sur la protection des infrastructures critiques avec des objectifs clairs, mesurables, pour la résilience civile, sans créer de nouvelles lourdeurs administratives.
Quatrièmement, et c'est peut-être l'initiative la plus importante pour vous ce soir, nous lançons à l'automne une Taskforce dédiée à la coopération public-privé sur la préparation.
Ce sera le lieu de dialogue que nous n'avons pas encore entre les entreprises, les gouvernements et la Commission.
Un espace de confiance pour partager des informations, anticiper des risques communs, et coordonner des réponses. Je compte sur la FEB pour y jouer un rôle moteur dès le premier jour.
Avant ça, j'invite toutes les entreprises qui opèrent dans le domaine de la gestion de crise à présenter leur travail lors du Forum de la Protection Civile qui aura lieu à Tour et Taxis début novembre.
Le forum rassemblera tous les acteurs de la préparation au sens large pour exposer et échanger sur les initiatives innovantes du moment.
La résilience ne peut pas être le monopole des gouvernements. Elle se construit avec les entreprises, avec les communautés, avec les citoyens. Les entreprises sont centrales parce que vous gérez une large part des infrastructures critiques en Europe.
Votre initiative BE PREPARED, incarne exactement ce passage de la prise de conscience à l'action, que nous appelons de nos vœux. Des outils concrets, accessibles, pratiques.
Mais je veux vous proposer d'aller plus loin ensemble sur trois axes précis.
D'abord, élargir la couverture des risques : au-delà des risques opérationnels immédiats, vos entreprises doivent cartographier leurs expositions économiques, cyber, énergétiques et géopolitiques.
Ensuite, renforcer la résilience de vos chaînes d'approvisionnement. Identifier vos dépendances critiques, en matières premières, en composants, en fournisseurs uniques, avant qu'une crise ne les expose à votre place.
Et enfin, participer à un partage d'information sécurisé avec les autorités publiques, dans un cadre qui protège vos intérêts commerciaux.
Ik heb u over Finland en Zweden gesproken. Laat me ook Duitsland niet vergeten.
En décembre dernier, à Brême, le Centre de recherche sur l'intelligence artificielle m'a présenté des robots de secours capables d'intervenir dans des zones totalement impraticables, développés conjointement par des acteurs publics et les plus grandes entreprises allemandes.
Ce n'est pas de la philanthropie. C'est de l'innovation industrielle financée par la préparation collective.
Et la Belgique a tous les atouts pour jouer dans cette catégorie. Nous avons ici un écosystème d'excellence mondiale dans le domaine médical par exemple : la Biobank de KU Leuven, l'Institut de Médecine Tropicale d'Anvers, le BioPark à Charleroi.
L'usine Pfizer à Puurs était l'un des sites de production vaccinale les plus importants au monde pendant la pandémie.
C'est dans cette logique que nous avons lancé notre Stratégie sur les contre-mesures médicales avec EU FAB, un réseau de fabricants européens garantissant 325 millions de doses de vaccins par an en cas de crise.
Et RAMP UP, un réseau volontaire de fabricants basés dans l'UE pour renforcer notre capacité industrielle face aux crises sanitaires. La Belgique a vocation à être au cœur de ce réseau.
A l'automne dernier, j'ai inauguré les premières « HERA Industry Days », pour impliquer pleinement les entreprises pharmaceutiques et les PME dans les stratégies de résilience. Et on recommence en novembre prochain.
Parmi les grands axes de notre Stratégie figure aussi la coopération civile-militaire. Le développement de capacités à double usage est aussi une source de marchés que je vous encourage à exploiter.
Se préparer aux crises aujourd'hui, c'est aussi assurer que notre économie reste forte, malgré les turbulences géopolitiques.
L'Europe dispose déjà du plus grand réseau mondial d'accords de libre-échange. 45 accords avec 80 pays, couvrant près de 50 % de notre commerce.
Nous sommes particulièrement concernés : près de 900 000 emplois belges dépendent de nos exportations, soit un emploi sur six. Et 95 % de ces exportateurs sont des PME.
Depuis fin 2024, nous avons conclu des accords historiques avec le Mexique, le Mercosur, l'Inde et l'Australie. Des marchés de plusieurs centaines de millions de consommateurs pour vos entreprises.
Ensuite, la simplification : des règles prévisibles et favorables aux entreprises. Nos premières mesures « Omnibus » nous permettront d'économiser 12 milliards d'euros. Et nous visons 37 milliards d'ici la fin du mandat.
Mais il y a un obstacle plus profond. Nous vivons à une époque où les capitaux et les données traversent l'Europe en une fraction de seconde. Les entreprises, elles, devraient pouvoir se déplacer aussi librement.
Or aujourd'hui, trop de sociétés cherchent à grandir en dehors de l'Europe, en partie parce qu'elles se heurtent à un nouveau cadre réglementaire à chaque fois qu'elles s'étendent dans un nouvel État membre.
Sur le papier, le marché de 450 millions d'Européens leur est ouvert. Dans la réalité, c'est bien plus compliqué. Et cela agit comme un frein à main sur leur potentiel de croissance.
EU Inc., ou le 28? régime, est la réponse à ce problème. Aujourd'hui, une entreprise qui veut grandir en Europe doit souvent composer avec 27 systèmes différents. Demain, elle pourra s'appuyer sur un cadre unique, simple et numérique, reconnu dans toute l'Union.
Nous sommes allés plus loin encore avec l'Union de l'Épargne et des Investissements. En Europe, plus de 10 000 milliards d'euros dorment dans des comptes bancaires à faible rendement au lieu d'être investis sur les marchés de capitaux.
La Commission a donc présenté un modèle européen de comptes d'épargne et d'investissement pour les particuliers. Des produits simples, accessibles, qui bénéficient d'avantages fiscaux, pour permettre aux citoyens d'investir directement dans les entreprises européennes.
Pour nos secteurs industriels stratégiques — batteries, véhicules électriques, photovoltaïque, matières premières critiques — notre Loi sur l'Accélérateur Industriel fixe un principe clair : l'argent public doit d'abord bénéficier à la production et aux emplois en Europe.
Si vous investissez dans l'avenir industriel de l'Europe, l'Europe vous soutient. Ce n'est pas du protectionnisme. C'est de la réciprocité intelligente.
Et n'oublions pas la résilience climatique et l'indépendance énergétique. Les récentes tensions dans le détroit d'Ormuz nous ont rappelé une réalité brutale : notre dépendance aux énergies fossiles importées nous expose dangereusement.
C'est pourquoi l'Europe envoie un message clair et sans ambiguïté : la décarbonation n'est pas seulement une question d'émissions. C'est une question de sécurité énergétique, de force économique, et de leadership européen dans la transition mondiale.
Dans l'Union Européenne, la diversité est notre force. L'égalité est notre fondement.
Je ne vais pas vous en parler comme d'idéaux abstraits, mais comme d'un choix stratégique, parce que c'est ce qu'elles sont.
Ces principes font face à des résistances, à du scepticisme. Je le reconnais ouvertement. Mais reculer serait une erreur, morale et économique.
Selon une analyse récente, l'écart d'emploi entre les femmes et les hommes coûte plus de 390 milliards d'euros à l'Union européenne. Les entreprises avec des équipes diversifiées sont plus innovantes, plus productives, et mieux armées face au changement.
Des perspectives différentes, celles de personnes en situation de handicap, issues de différentes cultures, origines ethniques ou des personnes LGBTIQ+, apportent des sensibilités différentes, des idées nouvelles.
En Europe, on est convaincu que l'inclusion est un levier de compétitivité : plus de 17 500 organisations ont signé des Chartes de la Diversité dans nos 27 États membres, cela représente plus de 17 millions de salariés.
En tant que Commissaire à l'égalité, je suis chargée de mettre en œuvre de nombreuses directives importantes adoptées lors du mandat précédent pour renforcer notre Union de l'égalité. Parmi elle, la Directive sur la transparence salariale, je sais qu'elle inquiète particulièrement les PME.
La Commission va continuer à soutenir les États Membres et les partenaires sociaux, pour une mise en œuvre claire, proportionnelle et efficace. Mais soyons aussi clairs sur l'objectif : mettre fin aux écarts de salaires injustifiés entre femmes et hommes, 11 % en moyenne dans l'UE.
Ce n'est pas une contrainte bureaucratique. C'est une question d'équité et de performance : les entreprises qui paient équitablement attirent et retiennent mieux les talents.
Les écarts de salaire se traduisent aussi par des écarts de retraites. Actuellement, les retraites des femmes sont en moyenne inférieures à celles des hommes dans l'UE de 25%.
L'inégalité salariale a des conséquences de longue durée, et un impact global : au-delà des victimes de pratiques discriminatoires, c'est tout un système économique qui en souffre. Nous travaillons avec les États membres sur les conditions de mise en œuvre. Mais l'objectif, lui, ne bougera pas.
Un dernier angle que l'on oublie souvent : nos frontières extérieures. La sécurité économique de la Belgique et de l'Europe ne s'arrête pas à nos portes. La carte de vos dépendances géographiques est aussi la carte de vos vulnérabilités stratégiques.
La récente guerre en Iran l'a encore démontré : les conflits et les crises ailleurs dans le monde ont un impact direct, rapide, sur notre économie ici. Les perturbations de l'axe Suez-Bab el-Mandeb ont coûté des milliards aux exportateurs européens. Une instabilité au Sahel peut affecter vos approvisionnements en matières premières critiques.
C'est pourquoi j'ai lancé, en collaboration avec le Forum économique mondial, l'initiative Invest Frontier. Elle réunit des dirigeants d'entreprise, des investisseurs, des philanthropes et des acteurs humanitaires autour d'une conviction partagée : investir dans la stabilité des pays fragiles, c'est aussi sécuriser nos propres chaînes de valeur et ouvrir de nouveaux marchés potentiels.
J'en profite pour vous lancer une deuxième invitation : le 6 novembre prochain rejoignez-nous pour des échanges de haut niveau, impliquer le WEF, le secteur bancaire international, le secteur philanthropique et entrepreneurial. C'est là que se construiront les premières coalitions d'investisseurs.
C'est un modèle qui commence déjà à faire ses preuves en Ukraine ? Où je me suis rendue à plusieurs reprises. En pleine guerre, j'ai vu une société entière qui se tient debout, ensemble.
Les hôpitaux maintiennent les soins. Les entreprises qui assurent la continuité de leurs activités et de leurs chaînes logistiques malgré les attaques sur les infrastructures vitales. Les entreprises adaptent leurs productions, innovent et exportent même pour aider d'autres pays. Regardez l'expertise en matière de drones développée en 4 ans. Elle s'exporte à travers le monde aujourd'hui.
Le prochain budget européen place la préparation au cœur de ses priorités. Mais cette ambition doit se traduire en investissements concrets, ici en Belgique et partout en Europe.
Vanavond wil ik u geen pessimistische boodschap geven, maar een boodschap van vertrouwen en ambitie voor de toekomst.
BE PREPARED is niet zomaar de naam van een campagne. Het is een filosofie, een « state of mind ». Ik wil dat het de merknaam wordt van een Europa waaraan we samen bouwen.
Veiliger, sterker, veerkrachtiger.
Plus sûre, plus forte, plus résiliente.
| Zařazeno | pá 12.06.2026 09:06:15 |
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| Vydáno | |
| Zdroj | Evropská komise fr |
| Originál | ec.europa.eu/commission/presscorner/api/documents?reference=SPEECH/26/1347&language=fr |
| lang | fr |
| guid | /SPEECH/26/1347/ |
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